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Les PMI (indices des directeurs d'achat) sont souvent présentés comme des indicateurs abstraits, réservés aux salles de marchés. Ils méritent pourtant l'attention de tous les dirigeants d'entreprise, car ils mesurent quelque chose de très concret : l'état réel de l'activité économique, perçu par ceux qui en sont au coeur.
Les chiffres publiés le 21 mai par S&P Global sont sans appel. Le PMI composite de la zone euro s'est replié à 47,5 en mai, contre 48,8 en avril, son niveau le plus bas depuis octobre 2023. En France, le recul est encore plus brutal : l'indice a chuté à 43,5, contre 47,6 un mois plus tôt, un plancher de 66 mois. Joe Hayes, économiste chez S&P Global, évoque explicitement un risque de récession pour la deuxième économie de la zone euro.
Parallèlement, la Commission européenne a relevé sa prévision d'inflation à 3,0 % pour 2026 et abaissé ses perspectives de croissance à 0,9 %. Le mot qui revient dans tous les rapports économiques de mai : stagflation. Croissance en recul. Inflation persistante. Un double signal qui change les règles du jeu pour la gestion de trésorerie d'entreprise.
Un PMI en dessous de 50 signifie une contraction de l'activité. À 43,5, la France enregistre l'une de ses lectures les plus basses depuis la sortie de la période Covid. Deux secteurs racontent des histoires très différentes :
Le secteur des services, qui représente environ 80 % de l'économie française, subit de plein fouet la double pression du choc énergétique et du recul de la demande. Les nouvelles commandes diminuent, les carnets se vident, les marges se compriment.
Le secteur manufacturier, en revanche, résiste mieux. La production a progressé pour le cinquième mois consécutif, portée en partie par la compétitivité retrouvée grâce à l'euro fort et par une reprise des commandes intra-zone euro.
Ce clivage a des implications directes sur la gestion de trésorerie selon le profil de l'entreprise. Une ETI industrielle exportatrice vit une réalité très différente d'une PME de services qui voit ses clients ralentir leurs commandes.
Quand l'activité ralentit, le réflexe naturel de beaucoup de dirigeants est de puiser dans leurs réserves pour tenir les engagements courants : charges fixes, salaires, stocks. C'est parfois inévitable. Mais cela devient problématique quand ce mouvement se fait sans stratégie, en consommant en premier les liquidités qui rapportent, et en laissant intactes celles qui ne rapportent rien.
Résultat : l'entreprise se retrouve avec une trésorerie qui ne travaille plus, exposée à une inflation de 3 %, et sans matelas en cas de rebond à financer.
Le bon réflexe dans ce contexte est l'inverse : clarifier d'abord la structure de ses liquidités avant de décider lesquelles mobiliser.
Trois questions simples permettent de commencer :
Chaque catégorie mérite un traitement différent. Les confondre, c'est laisser de la valeur sur la table dans les meilleures périodes, et se retrouver à court de flexibilité dans les plus difficiles.
Dans un ralentissement classique, les banques centrales baissent leurs taux pour stimuler l'activité. La trésorerie placée à taux variable voit alors son rendement baisser, incitant à prendre plus de risques pour chercher du rendement ailleurs.
La stagflation inverse cette logique. La BCE ne peut pas baisser ses taux sans risquer d'alimenter davantage l'inflation, déjà à 3 %. Elle ne peut pas non plus les monter trop vite sans étouffer une croissance déjà anémique à 0,9 %.
Les marchés anticipent aujourd'hui une première hausse de 25 points de base lors de la réunion du 30 juin 2026, suivie d'une possible seconde en septembre. Mais la dégradation rapide des PMI de mai rend ce scénario moins certain. La BCE décidera réunion après réunion, en fonction des données.
Ce contexte de taux stables ou légèrement haussiers, avec une inflation structurellement haute, définit précisément un environnement dans lequel :
Dans un environnement PMI à 43,5, la priorité n°1 est de ne pas sacrifier la liquidité immédiate. Les entreprises dont l'activité ralentit ont besoin de flexibilité, pas de rendement maximum.
Pour les liquidités opérationnelles, le Smart Overnight répond à cette logique : placement quotidien, ancré sur le taux BCE à 2,00 %, disponible à tout moment. Aucun engagement, aucune pénalité de sortie. Dans un contexte de ralentissement, cette disponibilité immédiate n'est pas un luxe : c'est une condition de survie opérationnelle.
Pour les réserves de moyen terme, celles qui ne seront pas mobilisées avant six à douze mois, l'Amundi EUR High Yield Corporate Bond ESG permet de viser un rendement supérieur à l'inflation. La sélection ESG intégrée oriente vers des émetteurs dont les fondamentaux sont plus solides, ce qui est particulièrement pertinent dans un contexte de ralentissement économique où la qualité du crédit redevient un critère discriminant.
Avant même la réunion BCE du 30 juin, un premier signal important arrivera le 3 juin 2026 : l'estimation préliminaire de l'inflation IPCH en zone euro pour le mois de mai. Ce chiffre, combiné à la dégradation des PMI, déterminera en grande partie le message que Christine Lagarde choisira de délivrer le 30 juin.
Si l'inflation continue de progresser, la BCE sera sous pression pour monter ses taux malgré la faiblesse de l'activité. Si elle commence à se stabiliser, le scénario d'un maintien se renforcera. Dans les deux cas, les instruments monétaires comme le Smart Overnight s'adaptent sans action de la part de l'entreprise.
Un PMI à 43,5 en France n'est pas un chiffre parmi d'autres. C'est le signal que l'activité économique se contracte à un rythme préoccupant, au mauvais moment : quand l'inflation est encore haute et que la visibilité sur les taux reste faible.
Pour les entreprises françaises, c'est précisément dans ce type d'environnement que la structure de la trésorerie fait la différence entre une entreprise qui absorbe le choc et une entreprise qui le subit. Disponibilité, rendement, flexibilité : ces trois critères ne sont pas incompatibles. Ils se gèrent, à condition d'y réfléchir avant que l'urgence ne s'impose.
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