Finances d'entreprise

Inflation à 3 % : combien votre trésorerie perd-elle en ce moment ?

L'équipe Velesios
10.05.2026

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Inflation

En décembre dernier, quand l'inflation en zone euro était encore à 1,7 %, l'érosion des liquidités d'entreprise était déjà un problème réel. Elle était discrète, progressive, presque indolore au quotidien. Ce temps est révolu.

Les données publiées par Eurostat le 30 avril confirment ce que les chefs d'entreprise ressentent déjà dans leurs coûts : l'inflation annuelle de la zone euro a bondi à 3,0 % en avril 2026, son plus haut niveau depuis septembre 2023. En France, elle atteint 2,5 %. Le moteur de cette accélération est connu : les prix de l'énergie ont augmenté de 10,9 % sur un an, sous l'effet du conflit au Moyen-Orient et d'un baril de pétrole qui frôle désormais les 125 dollars.

Pour les trésoriers et les dirigeants d'entreprise, la question n'est plus théorique. Elle est arithmétique.

Ce que 3 % signifient en euros réels

L'érosion par l'inflation est silencieuse, mais ses effets sont précis et quantifiables.

Prenons quelques exemples concrets, en base annuelle :

  • 100 000 euros immobiles sur un compte courant non rémunéré perdent 3 000 euros de pouvoir d'achat sur douze mois.
  • 500 000 euros en attente de projet ou de réinvestissement représentent une perte silencieuse de 15 000 euros.
  • 1 million d'euros de trésorerie excédentaire, placés sur un compte à zéro, subissent une érosion de 30 000 eurospar an.

Ces chiffres ne sont pas des pertes comptables. Ils n'apparaissent pas dans un tableau de bord. Mais ils représentent bien de la valeur détruite, euro après euro, chaque jour.

Et encore, ces calculs ne tiennent pas compte du coût d'opportunité : le rendement qu'auraient généré ces mêmes liquidités si elles avaient été correctement allouées.

Pourquoi ce choc est différent de celui de 2022

Certains dirigeants se souviennent de l'épisode inflationniste de 2021-2022, quand l'inflation avait culminé à plus de 10 % en zone euro. La situation actuelle n'est pas comparable, mais elle comporte des similarités qui méritent attention.

En 2022, le choc était violent et largement anticipé par les marchés. La BCE avait réagi avec une hausse de 450 points de base en un an, la plus rapide de son histoire.

Aujourd'hui, le contexte de départ est plus fragile :

  • La croissance de la zone euro est projetée à seulement 0,9 % en 2026 selon la BCE, contre 3,4 % en 2022.
  • L'inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, reste bien plus contenue à 2,3 %, ce qui limite les risques d'effets de second tour pour l'instant.
  • La BCE a maintenu ses taux inchangés le 30 avril et travaille réunion par réunion, avec une prochaine décision le 30 juin 2026.

Le résultat : une inflation suffisamment haute pour éroder les liquidités, mais un contexte de croissance insuffisamment solide pour que la BCE resserre brutalement. Un équilibre instable, et potentiellement durable.

L'énergie au coeur du problème

Le ressort de cette inflation est quasi exclusivement énergétique. Les prix de l'énergie ont bondi de 10,9 % en avril, leur plus forte progression depuis février 2023. Le détroit d'Ormuz, point de passage de 20 % du pétrole mondial, reste sous tension. Tant que le conflit au Moyen-Orient ne se résout pas, les prix de l'énergie resteront élevés et volatils.

Ce choc énergétique se propage mécaniquement. Les coûts de transport augmentent. Les coûts de production dans l'industrie augmentent. Les marges se compriment. Et les trésoriers se retrouvent à gérer un double effet : des coûts opérationnels qui montent, et des liquidités qui perdent de la valeur en temps réel si elles ne sont pas placées.

Ce qu'il faut faire, maintenant

Face à une inflation à 3 % et des taux BCE stables à 2,00 %, le calcul est simple : tout euro non rémunéré rapporte effectivement -1 % en termes réels chaque année. Ce n'est pas une abstraction. C'est une réalité qui pèse sur la valeur patrimoniale de l'entreprise.

La réponse n'est pas de prendre des risques inconsidérés. Elle est de distinguer clairement deux catégories de liquidités et de les traiter différemment.

Les liquidités opérationnelles doivent rester disponibles à tout moment. Mais disponibles ne signifie pas inactives. Des instruments monétaires quotidiens comme le Smart Overnight permettent de placer ces réserves sur des fonds ancrés au taux BCE, sans aucun blocage, avec une disponibilité immédiate. À 2,00 % de taux de dépôt BCE, le rendement annuel ne couvre pas entièrement les 3 % d'inflation, mais il en compense une grande partie, ce qui fait une vraie différence sur des montants significatifs.

Les liquidités de moyen terme, celles qui ne seront pas mobilisées dans les six à douze prochains mois, méritent une allocation plus ambitieuse. Des stratégies exposées aux obligations d'entreprises européennes, comme l'Amundi EUR High Yield Corporate Bond ESG, permettent de viser un rendement supérieur à l'inflation, tout en restant dans l'univers euro et en intégrant des critères ESG.

Un horizon à surveiller : juin 2026

La prochaine réunion BCE aura lieu le 30 juin. Les marchés anticipent désormais une première hausse de 25 points de base à cette date, avec une seconde possible en juillet ou septembre. Si ce scénario se réalise, les instruments monétaires comme le Smart Overnight s'ajusteront mécaniquement à la hausse : le rendement court terme progressera sans qu'il soit nécessaire de changer de stratégie.

C'est l'un des avantages structurels des fonds monétaires par rapport aux dépôts à terme : ils bénéficient automatiquement de toute hausse de taux, sans nécessiter de renégociation ni de réallocation.

Conclusion

À 3 % d'inflation, laisser ses liquidités inactives n'est plus un choix neutre. C'est un choix coûteux. Les dirigeants qui ont traversé 2022 le savent. Ceux qui ne s'en souviennent pas risquent d'apprendre la leçon à leurs dépens.

La bonne nouvelle : les solutions existent, elles sont accessibles et elles ne nécessitent pas de renoncer à la flexibilité. Allouer intelligemment sa trésorerie en 2026, c'est simplement décider que chaque euro travaille à sa juste valeur.

Sources et références